Est-il déjà trop tard ?

« Il faut changer les lois par les lois et les mœurs par les manières »  - Montesquieu -
Vous entendez et lisez chaque jour que la planète est en danger, qu’il faut sauver la Terre, victime des agressions humaines. Or, la planète n’est nullement en danger. Depuis près de cinq milliards d’années, elle s’édifie patiemment et demeurera astre tellurique, jusqu’à la mort du Soleil, son étoile dans quatre à cinq milliards d’années.
Depuis trois milliards six cent millions d’années, la Terre porte la vie.
Indéniablement, objectivement et scientifiquement parlant, homo economicus compromet la biodiversité en expulsant les autres formes de vies pour son profit, ses caprices, ses intérêts.
L’homme est coupable des maux qu’il occasionne à la biosphère. Il a déjà fait disparaître nombre d’espèces, anéantit présentement chaque jour de la vie sauvage, et perdurera encore un temps à dévaster la Nature. Mais il ne pourra pas éradiquer totalement la vie sur la planète.
L’humanité s’exterminera avant de tout stériliser, vitrifier, effacer, et la Terre continuera sans elle.

En altérant le climat, en épuisant les ressources, en empoisonnant les sols, l’air et l’eau, en appauvrissant la biodiversité, l’homme compromet l’avenir de sa propre espèce.
La planète se passera de l’humanité qui n’aura été qu’une impasse évolutive comme le furent tant d’autres espèces dans le passé.
Pourquoi cet échec probable ?
Homo economicus prolifère sans régulation naturelle et par sa cupidité intoxique l’organisme global qu’est la biosphère.
Homo economicus est à la biosphère ce qu’une cellule cancéreuse est à un organisme : proliférante, envahissante en expulsant toutes les autres cellules étouffées par cette prolifération anarchique.
Y a-t-il ici ou là trop d’éléphants, trop de tigres, trop d’ours, trop de loups, trop de cormorans ?
Non, il y a trop d’humains !
Voilà un propos iconoclaste qui me rangerait parmi les misanthropes aigris si je ne poursuivais pas le raisonnement.
Oui, homo economicus est nuisible à la vie par son comportement prédateur et sa pullulation globalisée sur la Terre.
Mais ... et me voici philanthrope : Homo economicus nuisible peut devenir sapiens.
Autour de vous, observez les humains. Vous rencontrez des homo sapiens, des Théodore MONOD, des Albert JACQUARD (pour citer deux amis disparus et célèbres ) qui vous réconfortent et, inversement, vous ressentez la honte face à des chasseurs, des élus locaux en mal d’asphaltage et de bétonnage, des empoisonneurs en mal d’aseptisation pour faire de l’argent et autres promoteurs véreux.
Moralité : l’homme peut mieux faire.
Cupide, sot, cruel, « beauf » et nocif, il peut aussi changer de comportement et accéder à la dignité qui repose sur le respect de toute vie et sur l’empathie envers toute souffrance.
Nuisible qui vandalise la nature, homo economicus est devenu trop abondant sur la Terre. En « croissant et multipliant », il occupe tout l’espace, épuise toutes les ressources, retire toute place aux autres formes de vies.
Comment réguler la démographie ?
Pour réduire les populations deux solutions : la mort ou la limitation des naissances.
Dans l’éthique biocentriste, la vie est la valeur première. Tout être vivant possède un intérêt fondamental à vivre. Ni l’âge, ni la race, ni le sexe, ni les moeurs, ni les appartenances ne modifient ce droit premier à vivre. Dès lors, ni la guerre, ni le meurtre, ni aucune violence, ni le cancer ou les pandémies, agressions contre la vie, ne peuvent apporter une réponse acceptable, dans l’éthique biocentriste, une parade à la bombe démographique.
Il faut donc agir sur le second facteur, limiter les naissances, car nul n’a un intérêt à naître. Pour limiter les naissances, deux solutions : la loi et l’autorité de l’état ou le changement des mœurs et des manières.
Le régime dictatorial chinois opta, un temps, pour la prohibition en édictant la norme de deux enfants par couple, au maximum.
Cette option, sage sous l’angle de l’évolution démographique, contrevient à une autre norme fondamentale : la liberté individuelle.
Aussi, il y a plus efficace, plus éthique et plus conforme aux normes élevées d’une société démocratique et de responsabilité : le changement des mœurs.
Le processus est d’ailleurs en cours dans les pays évolués où le taux de fécondité baisse considérablement, ce que déplorent les commentateurs inconscients du processus de dévastation à l’œuvre.
Qu’il fait bon vivre dans une commune, un département, une région dont les populations diminuent, une « belle réserve d’indiens » comme disent les imbéciles heureux, agents des promoteurs gloutons !
Nos très petits élus locaux rêvent bitume et béton car ils n’ont rien compris et ignorent le mur dans lequel ils foncent joyeusement.
En Occident, la femme, plus émancipée, ne se conçoit plus comme une génitrice condamnée par la Nature et la morale, à faire des enfants (sur une grande échelle).
Pour régler le problème démographique mondial, il suffit de libérer les peuples des obscurantismes religieux et traditionnels soumettant la femme à une condition de reproductrice devant mettre au monde de nombreux enfants dont beaucoup seront condamnés à une mort prématurée ou à une vie de misère, le sous-développement accompagnant ces « traditions » de soumission.
Comment, vous dira un conformiste bêlant, assurerez-vous le paiement des retraites des vieux, en l’absence d’une jeunesse de plus en plus nombreuse ?
Le problème est qu’un jeune de demain sera un vieux d’après-demain. Le raisonnement d’homo economicus est bien celui de la cellule cancéreuse qui croît et se multiplie infiniment dans un organisme fini, ici une planète finie.
Ainsi, un double défi attend l’humanité :
- Changer de comportement envers la Nature et user de l’intelligence, de la raison données à homo sapiens pour faire triompher la vie de la mort ;
- Maîtriser la prolifération de l’espèce pour, d’une part, laisser la place aux autres espèces vivantes, d’autre part, pour éviter à l’humanité de subir des privations, des restrictions, des contraintes qu’impose sa pullulation. Bref, des hommes plus heureux parce que moins nombreux, plus de vie longue et prospère et plus de qualité sans hubris.
Pour énoncer des mesures très concrètes, je suggère :
L’abolition de la chasse, mort loisir, un moratoire sur les infrastructures dévoreuses d’espaces, une transformation des allocations familiales en aide sociale pour ceux -et plus souvent celles- qui en ont besoin comportant une dégressivité avec le nombre des enfants pour inciter à une dénatalité libre et consentie.
Convaincre et encourager valent mieux que contraindre.
Oui, changeons les lois par des lois et les mœurs par des manières. Le culturel, l’éthique précèdent le politique.

Gérard CHAROLLOIS

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