Chaque jour nous révèle la gravité des périls qu’un néofascisme planétaire fait courir à la biodiversité, aux droits de l’homme, à la sureté des personnes.
Ce néofascisme ne sort pas d’une taverne bavaroise, ne lance pas des milices bottées et casquées dans les rues, n’esthétise pas la politique.
Il émane des milieux ploutocratiques, de l’affairisme, de la promotion immobilière.
Sa parenté avec son devancier tient à son mépris des droits de l’homme, son exaltation du bon sens contre l’intelligence, son recours à la propagande mensongère, sa détestation de la raison, de la science, de l’empathie, son populisme anti-élitiste.
Au siècle passé, le fascisme voyait des « communistes » partout et harcelait les démocrates, les socialistes, les réfractaires à ses dictatures.
Les néofascistes d'aujourd'hui substituent dans leur haine l’écologie au socialisme et font du mépris de la Nature leur fond de commerce électoral et idéologique.
TRUMP veut « forer et forer encore » pour extraire la dernière goutte de pétrole, veut des pailles en plastique et, accessoirement, confisquer les ressources minières de l’Ukraine, annexer le Groenland et le Canada. Pas le Mexique, car les Sud-Américains sont des immigrés indésirables.
WAUQUIEZ veut violer la loi de la république en bétonnant à outrance en violation du « zéro artificialisation nette » et demande la dissolution de l’office français de la biodiversité qui tourmente les « braves exploitants agricoles » avec des normes qu’il faut abattre.
Cette guerre faite à la Nature par les réactionnaires s’accompagne d’un recours systématique à la désinformation, à l’abrutissement complotiste, à la dénonciation des juges, des journalistes honnêtes en quête des faits, des intellectuels, des scientifiques, de tous ceux susceptibles de contrarier leur pouvoir arbitraire, leurs prévarications et même leurs crimes.
Parvenus aux pouvoirs suprêmes dans de grands états, ils menacent les juges et fonctionnaires de la Cour Pénale Internationale parce que la CPI ose décerner des mandats d’arrêts internationaux à l’encontre de dirigeants de l’internationale néofasciste, par ailleurs criminels de guerre.
Comme leurs prédécesseurs, les néofascistes jouent le «Peuple» contre les élites.
Pour eux, le Peuple est une entité monolithique.
Comprenez, le peuple se limite à leurs partisans et leur chef.
Dès lors, face au « Peuple » tout doit céder. Il n’y a plus d’état de droit, de liberté, de vérité pour les « ennemis du peuple », tous ceux qui pensent mal.
Aucun contre-pouvoir, aucune juridiction, aucune voix ne doit contrarier le peuple, c’est-à-dire eux érigés en souverains suprêmes devant lesquels tout cède.
Ecoutez les médias aux mains des néofascistes : Vous entendrez en permanence cet appel au « Peuple » contre les déviants, les empêcheurs d’exploiter, de brimer, d’écraser.
Tout ce qui dérange le parti, son chef, la ploutocratie oligarchique et qui résiste doit être éliminé.
L’opinion sera sous contrôle grâce à la maîtrise des médias.
Défiez-vous de tout politicien prétendant parler au nom du « peuple », entité qui n’existe pas.
Nos sociétés sont plurielles et sur tout sujet, vous rencontrez des « pour » et des « contre » avec des majorités relatives et très fluctuantes.
Ceux qui prétendent agir au nom du « Peuple » visent leur propre dictature.
Les néofascistes n’aiment pas le droit, les normes, les garanties juridiques, les institutions protectrices des libertés et des personnes car, à l’instar de ce que fut le nazisme, le seul droit qui vaille est la volonté du « peuple ».
Démasquez les néofascistes par une simple observation : iIs veulent retirer la France de la compétence de la cour européenne des droits de l’homme, comme ailleurs, ils récusent toutes les cours supranationales.
Les droites, dans cette ligne idéologique contre Nature, adoptent une loi française sur l’orientation de l’agriculture, triomphe des pesticides, du permis de détruire la biodiversité pour flatter, non pas le « peuple », mais la frange la plus arriérée de la société.
Les paysans instrumentalisés par les milieux affairistes seront victimes de ce productivisme forcené via les pathologies induites par les biocides et la disparition programmée des paysans qui étaient cinq millions après la guerre et qui seront cent cinquante mille dans dix ans.
Quant à la vie sauvage, elle se meurt partout sur la planète, victime de la politique des exploiteurs sans conscience, véritable pègre qui putréfie les états.
Les dirigeants néofascistes à la tête des empires agissent en gangsters imposant leurs pillages aux autres états et créant une nouvelle internationale mafieuse.
Cette internationale néofasciste réussira-t-elle ce dont rêvaient les dictateurs du siècle passé ?
Elle est plus dangereuse en ce que le contrôle des cerveaux par la propagande est plus efficace que celui des rues par des sections d’assauts.
Et voilà pourquoi j’appelle à une nouvelle Résistance, depuis quelques années déjà.
Cette Résistance doit être culturelle et fondée sur le démontage du mécanisme d’abrutissement à l’œuvre.
Il faut expliquer aux hommes, contre la presse achetée par les milliardaires réactionnaires, que les normes protègent, qu’il n’y a pas de boucs émissaires, que les oligarques ne servent pas les intérêts de « ceux qui se lèvent tôt », que les pauvres gens ne sont pas des parasites sociaux, que l’assistanat s’appelle la solidarité, que la Nature nous menace par sa mort et non par son exubérance, que la Vie vaut plus et mieux que l’argent.
L’esprit de Résistance transcende les partis, les syndicats, les associations et les appartenances ethniques ou nationales.
Alerte, amis Résistants : la nuit tombe sur le monde.
Réveillez-vous !
Gérard CHAROLLOIS