Quand le président de la république parle "comme un chasseur"

Vous souhaitez, Monsieur le président, « emmerder les cinq millions de Français non vaccinés » (dont je ne suis pas), et sans doute votre déclaration écrite se trouve dictée par un calcul électoral très subtil.
Pourquoi, dans la même lancée, « n’emmerderiez-vous pas » les neuf cent mille chasseurs qui eux emmerdent soixante six millions de Français ?
Je suis gêné d’entendre le président de la république s’exprimer comme beaucoup, alors qu’il se devrait de ne pas le faire.
Vous pouviez, Monsieur le président, au nom de la raison, de la science et des Lumières fustiger le complotisme, l’obscurantisme, l’ignorance, mais de la hauteur, s’il vous plaît, de la tenue, de l’élégance dans l’expression, de la dignité dans le verbe et l’action.
La forme prépare le fond. Le verbe appelle l’action.
Un président ne devrait pas penser, parler, agir comme un « chasseur » !
Bien sûr, je sais qu’il n’y a pas d’élection présidentielle en France, en cette année 2022 puisque les jeux sont faits : un thatcher sera élu, avec ses deux têtes dans la course.
Alors j’aurais mauvaise grâce à vous accabler, Monsieur le président, sachant qu’à défaut de votre réélection, l’état LES REPUBLICAINS se reconstituera avec l’obsédé, le maniaque pro-chasse du nord au ministère des territoires et de l’environnement, ce qui sera pire encore.

Comparé aux délires anti-écologistes de ces gens-là, vous faites, Monsieur le président, figure d’écolo.
Je ne fais pas de politique partisane et mon seul parti est la
Nature.
Je ne donne pas de consigne de vote, mais j’informe sans pusillanimité mes amis lecteurs sur les positions des uns et des autres et je fustige les ennemis de la Terre.
Je dis les faits et j’ai énoncé depuis deux ans déjà qu’il « n’y aurait pas d’élection » en France, en 2022, mais un simulacre.
Bref, la chasse sera bien gardée quelle que soit la tête de Mme THATCHER, car si madame THATCHER ne manque pas de têtes, elle n’a pas de cœur ni pour l’homme, ni pour l’animal, ni pour la Nature.
Mais qu’est-ce que la chasse, ce loisir marginal, nous dit de notre société ?
La nature agonise.
Le citoyen déplore les insécurités, les accidents, les massacres perpétrés par les tueurs agréés.
Il s’insurge lorsque son cadre de vie et la valeur de son pavillon sont affectés par des « aménagements » du territoire, mais ce citoyen maintient au pouvoir des forces contre-nature, des valets des lobbies, des serviteurs des ennemis de la terre, des sacrificateurs de l’arbre, l’animal et l’homme, des célébrants du culte du profit.
Dans l’ORNE, la fédération des chasseurs propose 3,50 euros par queue de renards ou de fouines détruits, ce qui constitue une preuve d’arriération profonde outre une violation d’un arrêté ministériel du 29 avril 2008 prohibant la mutilation des fouines, hermines, martres et putois.
Le conseil d’état a dû encore, fin décembre 2021, annuler des arrêtés autorisant la chasse des tourterelles des bois, espèce en mauvais état de conservation.
Un jour, par choix éthique, la société abolira la chasse comme furent abolis les combats de gladiateurs, les ordalies, les bûchers, la torture institutionnelle, l’esclavage, le bagne, la peine de mort, mais ce jour-là, Mme THATCHER ne présidera plus les destinées d’un peuple asservi, subjugué, anesthésié, conditionné.
La chasse prouve cet avilissement, cette éclipse de l’intelligence.
Je donne ci-dessous la parole à Alain TAMISIER, retraité chercheur au CNRS, spécialiste de la faune.
J’apprécie sa connaissance remarquable de l’avifaune et ses avis scientifiques que je soumets à vos réflexions.
J’amplifie un aspect éthique et je ne pense pas que pour protéger les milieux naturels, il faille maintenir de la chasse.
En vérité, l’humain apprend à tuer, à violer la nature ou, inversement, à aimer et respecter le vivant.
Les chasseurs ne protègent jamais les espaces naturels, forêts, marais, étangs pour eux-mêmes. Ils se gardent leurs stands de tirs.
Ils ne « gèrent pas les espèces proliférantes », mais jouissent de traquer et de tuer.
D’ailleurs, saluons la brutalité primaire de leur actuel président qui le dit explicitement : il ne va pas à la chasse pour gérer a faune mais pour le plaisir de tuer.
Aucun tueur agréé ne se lève tôt le dimanche matin pour accomplir dans la peine son service public de gestionnaire des populations fauniques proliférantes.
La « gestion » par la chasse, la « préservation des espaces naturels » par ce loisir sont des impostures grotesques.
Face à la chasse, face aux infrastructures agressives contre la Nature, face aux poisons agricoles, nous ferons toujours le choix de la vie.
La cupidité étant l’addiction de la société mercantile, il est indéniable que la plupart des humains, drogués à cette contre-valeur, entend tirer le maximum de son bien, notamment foncier.
Le propriétaire voudra bétonner, rendre constructible son lopin pour en obtenir un bon prix, enrésinera sa forêt pour que cela rapporte plus vite, louera son étang aux massacreurs de canards, aménagera, artificialisera et exploitera frénétiquement en espérant que la Nature ira se faire protéger ailleurs.
Aller à la racine du mal, passe par une réflexion de fond sur la notion de cupidité.
Pas facile d’échapper à la drogue lorsque tout conditionne à y succomber !
Merci aux réfractaires et aux immunisés !
Merci aux protecteurs de ce qui ne rapporte rien d’autre que le bonheur d’être !


Gérard CHAROLLOIS

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