De la légalité à l’absence de légitimité

Des « élus locaux », dont beaucoup nous font honte, retrouvent leurs fiefs où ils jouent aux féodaux d’antan distribuant subsides et prébendes à leurs protégés.
Les élections régionales et territoriales sont marquées par une abstention sans précédent (66%) et par le maintien à la tête des collectivités locales des mêmes personnages souvent fossilisés dans des idéologies ultra-réactionnaires.
Doit-on blâmer les électeurs de réélire des Wauquiez qui offre six millions d’euros d’argent public à la mafia cynégétique et un Bertrand qui suit son collègue conservateur dans cette affectation scandaleuse des deniers de sa région ?
Il n’y a d’ailleurs pas qu’eux pour flatter les ennemis de la terre et en Aquitaine, de pseudo-socialistes servent aussi le lobby de la mort loisir et le lobby des aménageurs de l’espace naturel.
Le peuple vaut mieux que ces élus locaux.
En Auvergne Rhône-Alpes, seuls 14% des électeurs ont choisi le leader de la droite de l’argent et des gros fusils et ce candidat qui se réjouit de garder son hochet a perdu cinquante mille voix par rapport au précédent scrutin régional.
Les élections ne furent pas truquées et, en droit constitutionnel, les résultats sont valides.
Ces personnages sont élus légalement.
Mais quelle est leur légitimité ?

La légalité concerne la norme juridique.
La légitimité est une notion morale.
Ils possèdent la première mais se trouvent privés de la seconde.
Bien sûr, une ambition carriériste les habite et de leur micro-trône provincial, ils rêvent d’Elysée où ils pourront servir les intérêts des forces d’argent et des lobbies au grand détriment de l’intérêt général.
Les républicains (chasse, pesticides, béton et traditions) ne sont ni plus ni moins à droite que le rassemblement national et l’une de leurs leaders l’avoua en déclarant que madame LE PEN était « trop à gauche » !
Oui, ce ne sont pas tout à fait les mêmes droites mais elles sauraient gouverner ensemble si le vent venait à tourner, à l’instar de ce qu’elles firent en Italie.
La peur fait voter le bon peuple au canon : peur des fascistes pour la gauche, peur des islamo-fascistes pour la droite.
Ces deux impostures polluent le débat public, le tire vers le bas et ne constitue qu’une grossière manœuvre pour les quelques hommes politiques intelligents, fort rares de nos jours, qui survivent au naufrage de la démocratie.
En pratique, les enfants de madame Thatcher, adorateurs des entreprises privées et du marché, pourfendeurs des services publics et des salariés, jouent une pièce de théâtre et se poussent du coude pour s’asseoir dans les fauteuils de la république mais ils partagent tous le mépris du peule et de la nature.
Le fondateur de la cinquième république, homme de l’Histoire, avait compris qu’il ne fallait pas confondre légalité et légitimité.
S’il détenait, en pur droit, un mandat de président pour sept ans, il ne manquait pas de remettre son mandat en jeu dès qu’un soubresaut survenait.
S’il perdait la confiance du peuple, indifférent à la durée de son mandat, il partait, ce qu’il fit le 27 avril 1969 suite à un référendum perdu.
Nos médiocres du temps se cramponnent à leur titre et ignorent que la légitimité, pour un élu, compte davantage que la légalité.
Alors, méprisants, ils se découvrent méprisés par les citoyens qui ne votent plus, leur retirant ainsi toute légitimité.
Avec de tels personnages, on se trouve honoré de ne pas être élu et de refuser leur farce.
Les résultats étant ce qu’ils sont, les chasseurs continueront à se gaver d’argent public et de courbettes de la part de ces petits hommes, mais consolez-vous, ceux qui monteront le plus haut, finiront comme leurs devanciers devant les tribunaux correctionnels.
Le premier parti de France est celui qui méprise une classe politique globalement méprisable car veule et archaïque.
Ignorons-les s’ils s’agenouillent devant les ennemis de la terre que sont les tueurs, les déménageurs de la nature, les empoisonneurs .
Faisons-leur barrage en les réduisant à ce qu’ils sont.
Maintenant, là où vous vivez, je vous appelle encore à voter contre les ennemis de la terre, ceux qui dégradent la nature, maltraitent l’animal et font passer le profit et l’argent- roi avant l’humain.

Gérard CHAROLLOIS

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