Vive le déficit.

Gérard CONDORCET le dimanche 6 février 2011

TEL 06 76 99 84 65

Pour servir les intérêts du « premier cercle », obéir aux ordres du Marché et de ses prêtres, pour atomiser sans cesse davantage la société et entraver une révolution, le gouvernement envisage de faire inscrire dans le marbre constitutionnel la prohibition des « déficits » budgétaires.

Les maîtres veulent inculquer au troupeau que le déficit public est un mal en soi, une faute absolue, la source d’une dette que l’on laisse à « nos enfants », belle imposture.

Question jamais posée :

« A qui nos enfants devront-ils cette dette ? »

Réponse, jamais énoncée :

« à nos enfants, voyons ».

Bref, le déficit serait, pour nos manipulateurs, une faiblesse politique imputable aux défenseurs de la solidarité, de l’altruisme, des droits acquis par les salariés, les exclus, les malades, les vieux, les humbles et tous ces parasites sociaux qui pèsent tant sur les valeureux entrepreneurs et grands commis du commerce et des affaires.

Pour supprimer les déficits publics, la recette des réactionnaires est simpliste :

Détruire les services publics, les vendre aux petits copains du « premier cercle », éliminer massivement des fonctionnaires qui d’ailleurs votent mal, bloquer les salaires, revenir pas à pas sur tous les droits sociaux et notamment ceux arrachés par les vainqueurs de 1945, époque où la « droite n’était pas décomplexée » et par les enfants de mai 68, époque où le mot réforme ne signifiait pas régression.

Peu importe les choix opérés « démocratiquement » par les peuples.

Qu’ils élisent des agents du Marché ou de pâles sociaux-démocrates, ce sont désormais les agences de notation et les bailleurs de fonds qui dictent les lois.

Vous avez dit démocratie !

Demandez aux Grecs et aux Espagnols ce qu’ils en pensent.

Ils crurent élire des gouvernements de gauche et se voient imposer une politique de droite.

Par qui ?

Par la finance internationale qui n’a aucune légitimité à le faire.

Si en 2012, la France parvenait à s’épargner les méfaits de l’Etat UMP, elle n’en serait pas pour autant libérée de la tyrannie mondiale du Marché.

Bien sûr, un gouvernement un peu moins dogmatique panserait les plaies cruelles infligées par le système du toujours moins pour le bien public et toujours plus pour une féodalité de l’argent.

Mais, resteraient les déficits, les jugements souverains des agences de notation échappant à tout contrôle démocratique et dont les notes commandent le taux des emprunts de financement de la dépense publique.

Le remède à cette maladie contemporaine réside dans une mesure simple et radicale.

L’Etat doit cesser d’alimenter son budget par l’endettement auprès de la finance privée.

Récusant les paradigmes du libéralisme, revenant sur une règle imposée depuis 1973, un Etat au service du bien commun devra être intégralement financé par une banque centrale totalement dépendante du seul souverain légitime : le peuple.

La banque centrale garantira, dans le système issu de notre révolution, l’intérêt général et non la défense de la monnaie au profit de la féodalité ploutocratique.

Actuellement, le système présenté comme unique et incontestable soumet la santé, l’éducation, la justice, la solidarité envers les plus faibles, la sécurité publique, la protection de la nature, à une comptabilité d’épicerie.

Les libéraux conservateurs ont abaissé l’Etat au rang d’une entreprise privée tributaire des lois du Marché.

Deux conséquences se révèlent aujourd’hui :

---- D’une part, le système échoue amenant une paupérisation d’une fraction de la population et un délitement des services publics.

--- D’autre part, une dégradation de la morale publique car nous assistons à une négation des vertus civiques au profit d’un répugnant « enrichissez-vous » et chacun pour soi.

Pour anesthésier l’électeur, faire oublier la corruption d’un système intrin-sèquement corrompu, les leaders de la droite financière jouent l’ignorance, la peur, un grossier et méprisant populisme contre les institutions publiques, syndrome des pires conservateurs américains insultant les « crânes d'oeufs » d’intellectuels pour capter le « beauf » basique.

Observons la délectation de ces politiques pour les faits divers les plus sordides tapageusement instrumentalisés pour exciter les instincts et brouiller la raison.

C’est plus facile de fustiger les voyous, les délinquants, les pédophiles, les assassins, les violeurs que d’avouer que l’on roule pour une petite centaine de copains milliardaires et accessoirement propriétaires de chaînes de télévision, donc de temps de cerveaux disponibles.

Or, le crime, les déviances perverses, les faits divers émouvants, l’angoisse devant la folie, sont inhérentes à toute société humaine depuis qu’il en existe. Ainsi, la réserve à fumigène est inépuisable.

Le tyran impersonnel et omnipotent exige que les peuples courbent l’échine devant ses lois, que l’on élimine les fonctionnaires, que les salariés flexibles soient précarisés, que les normes environnementales se réduisent et soient peu appliquées, que les garanties sociales s’étiolent, que les animaux soient réifiés et surtout que l’impôts épargne les valeureux entrepreneurs conquérants, tellement méritants que la société reconnaissante se doit de leur octroyer dix mille fois davantage qu’au vulgaire.

Reste-t-il en Europe suffisamment d’énergies pour une insurrection des consciences ?

Peut-on espérer échapper à la dictature de l’argent et remettre la vie et le vivant, l’arbre, l’animal et l’homme au centre des valeurs ?

Gérard CONDORCET

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ËTRES SENSIBLES ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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