Des zoonoses à l’antibiorésistance : bienvenue dans la fabrique des « bombes sanitaires »

La Convention Vie et Nature vous invite à relayer et soutenir cet appel de l'association L214

60 % des maladies infectieuses humaines sont d'origine animale

La crise sanitaire que nous traversons est grave et impacte le monde entier. Si tous les efforts doivent être faits pour endiguer cette pandémie, soigner les malades et soutenir les personnes touchées, il est également primordial de tirer les leçons de la situation afin de prévenir l'émergence de nouvelles épidémies. Espérons que le message des scientifiques qui alertent sur les risques sanitaires depuis des décennies soit enfin entendu.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 60 % des maladies infectieuses humaines sont d’origine animale et représentent chaque année 2,5 milliards de cas dans le monde. Ces dernières années, la tendance semble s'être accrue : 75 % des maladies animales émergentes peuvent contaminer les humains.

Nous nous exposons aux pathogènes des animaux sauvages

La majorité des zoonoses (les maladies qui se transmettent entre humains et autres animaux) trouvent leur origine chez les animaux sauvages. Les chauves-souris sont souvent des « espèces-réservoir » : c’est le cas pour les virus Ebola et Nipah ou encore pour les coronavirus par exemple.

Cependant, les animaux sauvages ne sont pas à blâmer. Comme l’a déclaré Ibrahim Thiaw, le secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification : « Les animaux qui nous ont infectés ne sont pas venus à nous ; nous sommes allés les chercher. » En détruisant leur habitat, en empiétant sur leurs territoires, en les chassant, en les capturant, en les entassant sur des marchés, en les consommant, nous nous exposons à des pathogènes auxquels nous ne sommes pas préparés.

En France, nous avons déjà fait disparaître la plupart des zones sauvages. Nous sommes également coresponsables de la déforestation dans d’autres régions du monde, notamment pour l’alimentation des animaux détenus dans des élevages intensifs.

Pour ce qui est du COVID-19, son origine doit encore être établie : la proximité de chauves-souris et de pangolins sur un marché de Wuhan est pour l’instant une des pistes. Igualdad Animal a mené l’enquête sur les marchés humides en Asie, les images sont cauchemardesques (attention, images d’animaux en souffrance). D’autres pistes soupçonnent par ailleurs des liens forts avec l'élevage intensif.

Un pangolin en cage

 

Élevage intensif : un chaudron à pathogènes

Si nombre de zoonoses portent des noms abstraits ou des acronymes compliqués qui peuvent nous faire oublier leur origine, de nombreuses épidémies proviennent de l'élevage, à l'instar de la grippe porcine (virus H1N1) et des différents épisodes de grippes aviaires (virus H5N1 ou H7N9). Selon Jean-Baptiste Fressoz, historien et chercheur au CNRS, ces nomenclatures « politiquement correctes », définies par l'OMS sous la pression des lobbies, visent à effacer le lien entre ces nouvelles souches virales et l'élevage industriel pour protéger des intérêts économiques.

Ces manœuvres camouflent une réalité catastrophique : l'élevage intensif, qui induit une promiscuité élevée et une faible diversité génétique des animaux, est un terreau idéal pour l'émergence de nouveaux pathogènes. L'intensité des flux de personnes, d'animaux et de produits carnés au niveau planétaire favorise quant à elle la dispersion de ces agents infectieux. Pour Serge Morand, chercheur au CNRS, écologue de la santé et parasitologiste, l'élevage intensif crée donc de véritables « bombes » sanitaires et nous expose à de nouvelles « flambées épidémiques ».

L'antibiorésistance : un risque majeur

L'élevage intensif ne favorise pas seulement les zoonoses, il joue aussi un rôle important dans le développement de l'antibiorésistance.

En effet, pour soigner les animaux ou pour éviter qu'ils tombent malades dans cet environnement confiné, mais aussi pour stimuler leur croissance, de nombreux antibiotiques leur sont administrés : à l'échelle mondiale, on estime que 73 % des produits antimicrobiens sont destinés aux animaux d’élevage. En France, 38 % des antibiotiques sont utilisés dans les élevages. Certains d'entre eux sont classés « critiques » ou dits « de dernière ligne » (parce qu'ils représentent le dernier traitement efficace contre certaines pathologies affectant les humains).

Ce recours massif et systématique aux antibiotiques favorise le développement de bactéries multirésistantes. Cette résistance des bactéries aux médicaments cause la mort de 12 500 personnes chaque année en France. Si rien n'est fait, l'OMS estime que l’antibiorésistance pourrait tuer 10 millions d’humains tous les ans d’ici 2050.

Attendre passivement ou agir dès maintenant ?

Nous ne pourrons pas éviter de nouvelles crises sanitaires sans remettre fondamentalement en question notre rapport aux animaux.

Des porcelets en élevage intensif

Les gouvernements sont restés sourds aux urgences climatique et éthique. Cette crise sanitaire d’ampleur mondiale doit être le déclic entraînant un changement profond.

Exigeons de nos responsables politiques un moratoire immédiat sur les constructions d’élevages intensifs, un plan concret de sortie de ce mode d’élevage et une végétalisation d’ampleur de l’alimentation.

Si ce n'est pas déjà fait, nous vous invitons à signer l'Appel contre l'élevage intensif !

 

Si un engagement politique fort est indispensable, chacun peut déjà agir à son échelle en réduisant sa consommation de produits animaux ou, mieux, en adoptant une alimentation végétale. Chaque pas compte ! Pour découvrir la cuisine vegan ou pour enrichir votre panoplie de recettes, rendez-vous sur notre site Vegan Pratique !

L'équipe de L214



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