Des loisirs d'essence antidémocratique

Dans tous les pays, les lobbies qui militent en faveur de la chasse, des armes à feu et de la liberté de circuler armé présentent tous le même inquiétant visage.
Ils exercent sur les sociétés le poids de leurs bottes et de leurs gros fusils, méprisant le vivant, les droits sociaux, l’organisation sociale de la sécurité, préférant s’en remettre à l’individu bardé de sa quincaillerie guerrière.
Aux USA, ce lobby s’inscrit dans le camp des ultras-conservateurs républicains conchiant les socialistes, les démocrates, l’état qui protège les plus faibles alors que ces hommes rêvent d’un monde rude, peuplé de durs, prompts à en découdre.
Cette vision viriliste s’oppose à ce que ces réactionnaires considèrent comme une féminisation de la société jugée par eux décadente.
Leur idéal : la SS aux poings de fer.
Tel est l’archétype du porteur de flingues de la NRA et de certains essayistes français qui voient dans l’Europe des droits de l’homme et surtout ceux de la femme ou dans l’écologie un suicide de leur société de guerriers.
Bien sûr, ces adorateurs de fusils soutiennent la chasse, ersatz de guerre, en attendant une autre plus virile.
Par-delà la diversité des hommes qui s’adonnent aux loisir de mort surnage une idéologie fascisante, intolérante à toute critique, hermétique à toute réfutation, avoisinant de nos jours le complotisme paranoïaque.
On ne tue jamais impunément.
Ce culte de l’homme armé, dont le premier droit est de porter son revolver, sévit davantage aux Amériques et génère une société violente offrant le spectacle d’homicides quotidiens.
Ici, la même idéologie se manifeste par un loisir-chasse non soluble dans la démocratie et constituant une anomalie, une bastille assiégée qui ne tient que par l’intrigue, le copinage de relais dans l’appareil du pouvoir qui, sourd aux aspirations majoritaires, obéit aux injonctions du lobby.

Outre ses rituels guerriers et sa banalisation de l’acte de tuer, ce lobby rejoint l’idéologie ultra-réactionnaire par l’énormité des mensonges de sa propagande.
La propagande cynégétique ose opposer aux usagers pacifiques de la Nature les droits de propriétés des chasseurs, oubliant que Morgane KEAM fut tué chez lui, par un chasseur qui n’était pas chez lui, que les accidents de chasse interviennent généralement sur la voie publique et des chemins ouverts au public, que la loi VERDEILLE violait gravement les droits d’usage des biens en les confisquant au profit du loisir de mort.
La propagande cynégétique déplore la prolifération des sangliers oubliant que la chasse, loin d’être la solution à ce problème, en est la cause et que les chasseurs drômois regrettent que les loups réduisent le nombre des sangliers à se mettre au bout du fusil.
La propagande cynégétique dissimule le nombre des adeptes du loisir alors que ce nombre s’effondre, passant désormais bien au-dessous de la barre du million.
La propagande cynégétique ne craint pas le ridicule en affirmant que les chasseurs sont les « meilleurs écologistes », alors que toutes leurs pressions, leurs manœuvres et leurs recours devant les tribunaux ne tendent qu’à restreindre les protections dont bénéficie la faune ou ce qu’il en reste.
Les politiciens, tendance réactionnaires, feignent d’adhérer à ces impostures par nostalgie d’un pays ruraliste, soumis, arriéré, manipulable à souhait.
Les idées neuves dérangent ces esprits conservateurs qui refusent de prendre connaissance des faits révélés par la science, à savoir l’unité profonde du Vivant appelant une mutation comportementale enves les autres formes de vies.
Ces nostalgiques de l’obscurantisme veulent tout ignorer de la biologie, de l’éthologie, comme ils relativisent les rapports du GIEC sur le climat.
Rien d’étonnant lorsqu’un chef d’état qui méprise le peuple le confond avec un troupeau de demeurés.
Une vérité factuelle s’impose : plus il y a d’armes en circulation et plus il y a d’insécurité.
Amis lecteurs, ne conservez pas d’arme à feu chez vous. Elle ne vous protège pas et génère le risque immense de faire de vous, un jour, un assassin.
La question est d’abord culturelle et éthique.
Quelle société voulons-nous ?
Une démocratie apaisée, fondée sur le droit, la solidarité, l’entraide et le respect du Vivant ou la société de la SS aux poings de fer ?
En contemplant de ma fenêtre les dérives présentes des sociétés humaines, je suis inquiet.
Nous vivons le temps des Soulèvements de la Terre, espérance nouvelle, mais aussi celui du complotisme, des délires, des régressions, de la négation du réel, des peurs gestatrices de haines, éternel combat du jour contre la nuit.
Gérard CHAROLLOIS

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