Quel avenir pour l’humanité ?

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L’animal humain, intelligent, cruel, cupide et orgueilleux, mais également accessible à l’empathie, s’imagine être une fin, un but, un parachèvement de la matière.

Il oublie que la mort d’un humain ne fait pas frissonner l’univers qui ne serait pas plus ému de voir disparaître l’espèce entière.
Les espèces, à l’instar des individus qui les composent, sont mortelles et il faut toute la démesure de l’esprit pour penser que le devenir de notre genre échappera aux destinées communes du vivant.

Il semble par ailleurs acquis que pour une large part, le facteur conditionnant ce devenir dépend de l’homme lui-même.
Certes, l’astrophysique enseigne que la terre, elle-même, est condamnée à finir absorbée par une naine blanche que sera son soleil agonisant, dans quatre milliards d’années.
Mais ce temps cosmique n’est point celui d’une espèce, ni même peut-être de la vie en son entité.
D’autres événements présideront à l’évolution, au développement harmonieux ou à l’anéantissement de l’humanité et du vivant.

L’homme peut détruire, victime de ses deux tares majeures, cruauté et cupidité, ou, par une culture appropriée, sublimer ces tares et édifier une société fondée sur l’empathie, la bienveillance, l’altruisme, la maîtrise des mauvais instincts.

Rien n’est joué et partout, chaque jour, l’ombre des mauvais sentiments et la lumière de la raison et de la sensibilité, s’affrontent.

La montée des fondamentalismes monothéistes, des aigreurs hargneuses, des préjugés débiles font courir aux peuples de la terre les vieux risques de conflits sanglants dont l’Histoire nous enseigne, après coup, les absurdes férocités.

En France, la droite au pouvoir démantèle l’Etat, supprime les services publics, désertant tant les campagnes que les banlieues, laissant la place libre aux distributeurs « d’opium du peuple » qui ne sont plus les folkloriques « prêtres ouvriers » de gauche des années 1960.
Dans ces banlieues dont les services publics ont fui, l’ordre islamique le dispute à la délinquance, fruit de la déstructuration civique.
Les prisons sont des pépinières de fanatiques religieux.

Le pouvoir en place a abandonné les cités aux obscurantistes, considérant que dieu enseigne la soumission et prône l’ordre, et les campagnes à la mafia cynégétique et agrochimiste, facteur d’un corporatisme conservateur.

L’Etat, le bien public, la loi républicaine, cèdent, ici et là, devant des groupes de pressions qui menacent la liberté des individus et l’intérêt général.

Espérons que la république, avec un changement politique, récupèrera ses territoires perdus en ramenant l’islam, dans les banlieues au rang d’une religion purement individuelle, sans aucune prétention à régir la vie sociale et en libérant le monde rural de la féodalité fusillot-pesticide.

A défaut, viendra un jour ce « choc des civilisations », qu’il ne suffira pas de nier pour en prévenir l’avènement.
Si nous ne sommes pas capables d’ériger une vraie civilisation dépourvue d’identités meurtrières fermées, dressées les unes contre les autres, une civilisation respectueuse du vivant, nous poursuivrons les errements d’une humanité abrutie, sanguinaire, inapte à la raison et à la compassion.


Rien n’est perdu et rien n’est sauvé.

Les forces d’unité et de pacification existent déjà, et celles de haine, de crispation communautariste perdurent.
Lesquelles l’emporteront ?
La contemplation objective de la planète incline au pessimisme.
Le processus d’hominisation est sans doute en marche mais le sentier est étroit, la pente rude, le promeneur titubant.
Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE
POUR LE RESPECT DES ËTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS