La peur des années 30

Les peuples se fourvoient et tournent le dos aux issues de secours.
Des leaders grossiers, imposteurs et souvent sots parlent peuple, séduisent les ouvriers, les petites gens, les exclus et, parvenus au pouvoir en flétrissant les pseudo-élites, accentuent la fracture sociale, servent les intérêts des milliardaires au détriment de ceux qu’ils ont dupés.
Le système économique mondialisé détruit la nature, crée des injustices abyssales, méprise le vrai mérite, abaisse les « classes moyennes », dégrade l’humain par le culte de la cupidité vorace et dénonce les « bons sentiments », soufflant sur la propension humaine à l’aigreur, à la haine, au simplisme réducteur, à la quête des boucs-émissaires.
Il y a malaise dans la civilisation.
Alors, vivons-nous le retour de ces années 30 qui virent les montées des périls et la mise en place de ce qui devait déboucher sur la guerre européenne d’abord, puis mondiale, la plus meurtrière de l’Histoire ?
Va-t-on revivre le temps des dictatures, des polices politiques, des camps, de la torture des opposants ?
Non, car l’Histoire ne repasse jamais les plats et tout est différent.
Certes, les hommes des années 30 pouvaient éprouver la peur devant le cahot du monde, mais le sentiment dominant n’était pas celui-là.
Ils croyaient à « l’homme nouveau », à la « société parfaite », à la « régénération salutaire », à une parousie laïque et ce, qu’ils soient communistes, éblouis par le grand soleil qui s’était levé à l’Est ou qu’ils soient fascistes et admirent la résurrection des valeurs viriles, du sublime guerrier, de l’homme supérieur par la race et la volonté.
Les années 30 furent des années de grands meetings, d’engagements absolus, de foules ardentes, de défilés aux flambeaux, d’enthousiasmes collectifs et de fascination pour des guides  providentiels.
Les hommes de ce temps se préparaient au grand affrontement et donc au sacrifice définitif.
Les intellectuels faisaient leur pèlerinage à MOSCOU pour les uns, à ROME et BERLIN pour les autres.
L’époque appelait la sublimation de l’individu, la chaleur de l’appartenance à la classe libératrice ou à la race des seigneurs.
Rien ne ressemble moins aux années 30 que notre temps de dépression anxieuse, d’aspirations au repli individuel, au sauve-qui-peut dans ce qui relève d’un naufrage.
Les jeunes gens des années 30 ne rêvaient pas d’écoles de commerce et n’avaient pas pour horizon de devenir « traders », et de fonder une « start up ».
Est-ce à dire que notre époque est plus sûre et ne débouchera pas sur une catastrophe ?
La catastrophe paraît chaque jour plus probable.
La biodiversité se meurt.
Les écarts sociaux se creusent.
Les privilégiés ne sont plus des élites, des meilleurs, mais des parasites spéculateurs qui financent les politiques.
La guerre ne sera plus entre la France et l’Allemagne mais avec ou entre les religions dont la toxicité décérébrante s’impose à tout observateur lucide.
Les religions menacent la civilisation lorsqu’elles cessent de s’intéresser à leurs adeptes, lorsqu’elles quittent le champ de la consolation de la finitude pour prétendre régir la société, faire la loi pour tous, au besoin par la prison et la peine de mort.
Il suffit de mentionner un simple fait divers de ces derniers jours. Au Pakistan, une femme fut acquittée par la cour suprême après avoir été condamnée à mort par des juridictions inférieures. Son crime ?
Un blasphème : avoir bu l’eau d’un puits réservé aux islamistes !
Au Pakistan, des foules hallucinées veulent lyncher les juges de la cour suprême et l’avocat de cette victime.
De tels faits se passent de tout commentaire.
En France, dans certaines banlieues, la république ne fait plus la loi et des graffitis exhalent la haine des « infidèles ».
Comment l’humanité pourrait-elle échapper à une nouvelle catastrophe ?
Sur un autre continent, quelques milliardaires possèdent autant de fortunes que cent soixante dix millions de Nord-Américains.
Le même processus est en marche ici, en Macronerie, avec les cadeaux fiscaux faits aux ploutocrates et les majorations de cotisations publiques pesant sur ceux qui sont ou ont été les plus utiles des citoyens.
Bien sûr, ces processus ne peuvent que déboucher sur une conflagration funeste pour tous.
La vérité tient au fait que l’humain est un animal tragique et que l’Histoire de l’humanité se résume essentiellement à une succession de crimes.
La voie de l’apaisement, de la sérénité, de la compassion, de la solidarité n’est pas celle que suivent les peuples.
Troupeaux pitoyables, ils se donnent de bien mauvais bergers qui leur enseignent la haine, la cupidité, la prévarication, la violence et le mépris arrogant des « bons sentiments ».
Alors, les hommes de demain ne revivrons pas les horreurs du passé mais affligeons-nous qu’ils doivent en subir d’autres.
L’Histoire s’écrira encore avec sa grande et sinistre hache.


Gérard CHAROLLOIS

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