Le président qui parle à l’oreille des ennemis de la terre

Depuis bien longtemps, la classe politique française nous offre le spectacle pitoyable de décideurs soumis devant les chasseurs, les agro-pollueurs, les aménageurs, les spéculateurs.
Avec l’actuel président, la soumission confine à l’agenouillement et à la capitulation de la raison et du cœur.
Lors de l’élection présidentielle de l’an passé, j’avais mis en garde mes amis lecteurs à l’encontre du doctrinaire du libéralisme thatchérien et je m’étais étonné de voir deux ou trois excellents essayistes de l’écologie se fourvoyer en apportant leur soutien au candidat des affaires, de la finance, des banques et des oligarques.
Les faits dépassent en caricature ce que j’avais annoncé.
Entouré des pires arriérés de la chasse et de tous les milliardaires du pays, le président a déclaré la guerre tant à la biodiversité qu’aux droits sociaux obtenus depuis un siècle par les luttes des gens de mieux.
Certes, il joue à l’écologiste en s’agitant sur la scène internationale sur le thème du climat, simple fumigène et occasion de discours, paravent du crime que commet homo economicus contre le vivant : la destruction de la nature.
Car le défi est celui d’une conciliation entre le développement humain purement qualitatif et le respect de la faune, de la flore et des milieux naturels.
Le président des riches et des veneurs flatte les tueurs agréés comme il drague occasionnellement les bigots, histoire de rassembler le camp libéral et conservateur.
La chasse à courre sera défendue. L’Elysée promet à ses amis des tirs d’oies en février, en violation du droit et des arrêts de la cour de justice de l’Union Européenne et du Conseil d’État. Il offre des cadeaux fiscaux au monde de la chasse, comme il le fit aux oligarques à hauteur de neuf milliards.
Je mesure le malaise de Nicolas HULOT qui n’obtient rien de plus que son prix d’entrée au gouvernement : l’abandon de l’aéroport de NOTRE DAME DES LANDES, prix que j’avais indiqué dès sa nomination.
Que peut faire Nicolas HULOT ?
Rester au gouvernement pour tenter de contenir les délires anti-nature des thatchériens au risque de les cautionner ?
Partir en laissant la place à un petit soldat de la macronie qui fera la politique de son maître ?
Le ministre agira selon sa force de caractère et sa capacité de résister aux régressions qui, ici comme dans tous les domaines, sont la marque de la politique conçue pour une infime minorité.
Parce qu’il convient de persévérer lorsque les faits nous donnent raison, je ne peux que réitérer mes appels à s’engager dans un esprit de résistance au pouvoir de l’argent et des ennemis de la terre.
Résistance légale, bien évidemment, mais en convergence avec toutes les luttes, car seule cette convergence affaiblira le pouvoir de la « start up nation ». Amis de la nature, des animaux, des humains, unissez-vous dans les mouvements de grèves, les manifestations ! A l’encontre des oligarques et des veneurs, le mot d’ordre doit être « Pour tout ce qui est contre. Contre tout ce qui est pour ». La stratégie des « rénovateurs » est de détruire pan par pan tous les statuts sociaux, tous les droits acquis, toutes les protections, tous les freins à l’exploitation du vivant humain et non-humain. Chez eux, la compassion n’existe pas. Ce monde est fait pour eux car ils sont maîtres des lois, façonnent l’opinion et s’appuient sur une tare de l’animal humain : la cupidité.
Il ne se passe guère de jour sans qu’émerge les dessous malpropres du Système : scandale sur les moteurs truqués pour en dissimuler les pollutions, aliments frelatés, déversements clandestins de déchets toxiques dans la nature. Et combien de scandales jamais révélés ? Ainsi, des industriels de la confiserie ajoutent à leurs produits un colorant blanc, le dioxyne de titane (E171) potentiellement dangereux. Ce colorant n’apporte rien de plus aux friandises offertes aux enfants et aux grands enfants que nous sommes tous. Il ajoute de la brillance, de l’éclat aux produits. Les industriels veulent vendre et faire de l’argent, du profit en appâtant le chaland au détriment de sa santé. Demain peut-être, après moult rapports, le législateur interdira l’usage de ce colorant.
Mais quelle sanction frappera les criminels qui pour s’enrichir attentèrent à la vie d’autrui ? Aucune. Si les prisons regorgent de petits délinquants minables et souvent malades mentaux, les vrais criminels des affaires, ceux qui violent la vie, empoisonnent, détruisent des sites naturels, licencient leurs salariés pour accroître leur profitabilité et leurs dividendes échappent aux peines que justifieraient leurs turpitudes. Les « premiers de cordée » auraient leur place en prison pour répondre de leurs crimes contre le vivant. Non, vous ne verrez pas aux assises les patrons de l’amiante, de l’agroalimentaire, des aménagements contre nature car ils sont les maîtres du Système et financent leurs commis pour qu’en politique, ils servent leurs intérêts mafieux.
Que faudrait-il faire ? Partant du constat que la cupidité est intrinsèque à l’humain, les lois devraient être dissuasives et frapper lourdement ceux qui sacrifient le bien public, la santé et la nature, à leurs tares. Il faut terroriser les pollueurs et les empoisonneurs pour les empêcher de nuire. Avant la loi de la finance, des banques, des veneurs, des exploiteurs, il y a la vie et elle vaut bien une révolution. Orientons la recherche, les choix de la politique publique vers le service de la vie, vers une société plus douce, plus bienveillante, une société tournant le dos à la concurrence, à la compétition, à la lutte de tous contre tous. Ce n’est pas à l’avènement de cette société que travaille l’ami des veneurs et des « premiers de cordée ». Son avènement en politique n’a pas été financé par ses amis pour édifier un monde de solidarité, d’empathie, de respect de l’arbre, l’animal et l’homme. L’individu n’est pas en cause mais un système pour lequel les humains, y compris les présidents, ne sont que des agents interchangeables. Pour le Système, demain, un autre acteur en représentation, avec un autre style, un autre remarquable talent, s’agitera sur la scène médiatique, distrayant le bon peuple, pour que les affaires continuent.


Gérard CHAROLLOIS

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